Alors que le navigateur évolue dans les tempêtes des mers du Sud, retour sur un parcours de vie façonné par ses expériences et des rencontres décisives qui lui permettent aujourd’hui de conjuguer performances et engagement.

S’il existe nombre de formations aux métiers de la mer, Marine Marchande, Militaire ou pêche, aucun diplôme, aucun label ne vient certifier le métier de coureur au large. On n’y accède pas par examens, cursus ou études, on le devient, au terme d’un parcours de vie personnel qui différent selon les personnalités, les origines sociales et les choix de vie.
Thomas Ruyant a, comme beaucoup, tâtonné, hésité à sortir des sentiers battus d’une vie bien rangée. Le sport s’est vite imposé à lui, mais c’est bien la mer, la course, le large, l’aventure qui lui ont, à l’entrée de l’âge adulte, inspiré un mode de vie dont il a fait une carrière.

Rebondir avec détermination après l’échec

Le 21 décembre 2016, il mettait un terme, contraint et forcé, à sa première expérience sur le Vendée Globe, ce tour du monde en solitaire, sans escale ni assistance, amarrant en Nouvelle-Zélande son voilier « Le Souffle du Nord » démantibulé, fracassé par un OFNI, mais héroïquement sauvé et ramené à bon port. Une victoire plus tard, dans Transat AG2Ren double, en 2018, aux côtés d’Adrien Hardy, Thomas posait, avec un bel entêtement, les jalons du seul projet tangible à ses yeux, celui de la construction d’une machine capable de l’aider à revenir sur cette épreuve majuscule avec des prétentions crédibles à la victoire.
Un choix culotté car « je n’ai pas de plan B » affirmait -il alors. Point d’échappatoire, mais une vraie recette, celle de la fidélité en amitié. Il s’attache, à chaque poste clé de son ambition, les services des hommes en adéquation avec ses idées, son histoire et sa personnalité.

Le partage de valeurs humaines au cœur de rencontres décisives

Car à chaque étape, à chaque jalon de sa jeune existence, des hommes clés sont apparus, séduit par son allant, sa franchise et son intégrité intellectuelle. Jacques Dussart, à Dunkerque, l’accueille parmi les jeunes Espoirs Dunkerquois de la voile dès la fin de ses études de moniteur sportif. Thomas navigue, depuis son plus jeune âge, chez lui, au Dunkerque Yachting Club puis au Yacht club de la Mer du Nord. Laser, puis Farr 30, l’ex Hockeyeur de poche se révèle sur l’eau, en Mer du Nord. De ce tremplin nait la rencontre avec la Classe Mini, ce révélateur de champions, antichambre de toutes les classes océaniques.
Thomas déclenche chez un homme d’entreprise Nordiste, Patrice Verley, l’envie d’autre chose, d’autres formes de communication, profondément humaines, excitantes, enthousiasmantes. Ce sera le projet Mini Transat, que Thomas conclut victorieusement, en 2009, à Salvador de Bahia au Brésil. Déjà le très grand large, déjà le solitaire, déjà l’innovation à bord de ces petites bombes à voile de 6,50 m.  

 
Thomas Ruyant à la barre

Ruyant fait du Ruyant, sans modèle ni mentor, assumant et construisant avec conviction un projet à son image, ambitieux, volontaire et innovant.

 

Thomas, pas à pas, avec réflexion, escalade progressivement les échelons qui le conduisent au Graal, à la classe IMOCA, celle des voiliers du Vendée Globe (et de La Route du Rhum). Il brille en Class40, remportant une Route du Rhum en 2010, et se jette au feu dévorant de la Classe Figaro, pour son incontournable valeur formatrice. Thomas sait où il va, conscient de ses forces, de ses faiblesses, de ses choix qu’il partage à l’envie. Son honnêteté séduit. Sa soif de conquête impressionne.
Alexandre Fayeulle, Marcus Hutchinson, Laurent Bourguès, François Pernelle, Tanguy Blondel, Lucas Montagne… Autant de rencontres décisives, autant de compétences toutes désireuses d’accompagner ce si charismatique homme du Nord. Tous adhèrent à la méthode Ruyant, à son rapproche unique, décomplexée, fondamentalement sincère de la course au large. Ruyant fait du Ruyant, sans modèle ni mentor, assumant et construisant avec conviction un projet à son image, ambitieux, volontaire et innovant.

Imaginer un modèle d’excellence et d’innovation

Alexandre Fayeulle, Président d’Advens fusionne ses idées novatrices en matière de sponsoring avec les envies d’autre chose de Thomas, ses désirs de partage, de communion autour d’une activité unique, rare, dangereuse, à haut pouvoir émotionnel. De ses victoires, nombreuses, de ses échecs, plus rares, il s’est forgé une méthode, basée sur l’exigence du résultat, fruit d’un pragmatisme bien Nordique qui ne laisse aucune place à l’esbroufe. Ruyant ne joue pas, Ruyant ne transige pas. Son rêve de Vendée Globe, c’est en survivant au Pacifique, à bord de son IMOCA disloqué qu’il l’a imaginé voici quatre années déjà.

 
Thomas Ruyant sur LinkedOut

"Mes performances ont alors du sens au-delà du sportif. Je suis fier de soutenir La Course au Changement en faveur de l’inclusion et je vais tout faire pour mettre en avant LinkedOut et ainsi, à mon humble niveau, permettre aux exclus de retrouver une dignité"

 

Il en a fait un modèle d’excellence et d’innovation, pas seulement d’un point de vue technique, mais aussi dans la communication du projet, offerte à une cause sociétale, celle de l’inclusion, fusionnant la course au large avec la course au changement des mentalités et des regards sur les exclus de notre société.

« J’ai découvert, avec le Souffle du Nord, pour le Projet Imagine, une nouvelle façon de voir mon métier de marin en solitaire. J’avais un peu la sensation d’être égoïste. La course au large est une activité parfaite pour fédérer autour de messages sociétaux puissants. La rencontre avec l’association Entourage et LinkedOut lors du départ de la Transat Jacques Vabre 2019 m’a beaucoup plu car la remise à l’emploi des personnes en précarité via cette plateforme novatrice www.linkedout.fr est concrète, simple, et efficace. Mes performances ont alors du sens au-delà du sportif. Je suis fier de soutenir La Course au Changement en faveur de l’inclusion et je vais tout faire pour mettre en avant LinkedOut et ainsi, à mon humble niveau, permettre aux exclus de retrouver une dignité » conclut le navigateur nordiste de 39 ans. 

 
LinkedOut Imoca

Photos article : ©Pierre Bouras